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Etes-vous un architecte d’entreprise sans le savoir ?

Depuis cinq ans, on constate un intérêt croissant en France pour l’architecture d’entreprise : 4300 certifiés TOGAF en 2018 pour 800 certifiés en 2013. L’évolution est nette mais comparé au Royaume Uni  (11 700 certifiés), les profils français demeurent rares… et recherchés ! Pourquoi un tel écart lorsque l’on sait que depuis plus de dix ans, des acteurs comme le Gartner Group pointent du doigt une diffusion trop lente du métier d’architecte d’entreprise ?

L’architecture d’entreprise ne date pourtant pas d’hier : les prémices datent des années 70, chez IBM. Le premier framework a été formalisé par l’un de ses employés John Zachman à la fin des années 80. Continuellement amélioré, il reste de nos jours un des cadres les plus utilisés avec le DoDAF promu par le département de la défense Américaine et le TOGAF regroupant un ensemble de concepts et de standards développé par l’Open Group.

Il faut néanmoins attendre le début des années 2000 pour entendre réellement parler du métier d’architecte d’entreprise, une profession qui se développe surtout dans les pays anglo-saxons. En France, on préfère l’approche originale de l’urbanisation des SI (USI) théorisée par Longépé.

 

Urbaniste informatique et architecte d’entreprise : quelles différences ?

L’urbanisation informatique et l’architecture d’entreprise sont deux disciplines différentes mais complémentaires. Elles répondent toutes les deux à la nécessité de faire évoluer les SI rapidement en gérant la complexité du patrimoine informatique et en conciliant des problématiques exogènes au SI : organisation, enjeux marketing, besoins fonctionnels des métiers, conformité réglementaire, etc.

Pour résumer, les deux approches apportent une vision globale du système d’information de l’entreprise et visent l’alignement entre les applications, les besoins métiers et la stratégie d’entreprise.

Il existe cependant une différence d’objectif et d’échelle entre la mission de l’urbaniste et celle de l’architecte d’entreprise.

L’urbaniste cherche à rendre évolutif le SI en lui imposant des règles et en fournissant des plans d’urbanisme composés de projets informatiques. Avec le Cloud, son attention se porte sur le partage de données et de référentiels : comment connecte-ton des applications à un référentiel unique permettant de garantir la qualité et la fraicheur des données ?

L’architecte cherche quant à lui à faire évoluer l’ensemble de l’entreprise en proposant des applications s’appuyant sur les processus métiers et en fournissant des plans composés de projets d’entreprise.

L’architecture d’entreprise va donc modéliser l’ensemble de l’entreprise de la stratégie à la réalisation en prenant en compte tous les corps de métiers, les partenaires, l’écosystème de l’entreprise et leurs interactions. En amont des projets, il va donc apporter un regard macro : le SI est un moyen au même titre que les moyens humains (process, rôles, compétences, etc.). Grâce à une vision holistique et synthétique, il sera en mesure de proposer des solutions à des besoins en réduisant les coûts et aidera la DSI à prendre des décisions stratégiques.

L’urbaniste est peut-être le profil le plus susceptible d’évoluer vers l’architecture d’entreprise mais ce n’est pas le seul.

 

L’architecture d’entreprise : une communauté d’architectes

L’architecte d’entreprise est le plus souvent rattaché à la DSI mais en fonction de la maturité de l’organisation, il peut également être rattaché à la direction générale… et parfois même à une direction métier !

Quel que soit son lien hiérarchique, l’architecte d’entreprise travaille en équipe et de manière transversale. Il est donc entouré d’urbanistes informatiques, d’architectes d’application, d’architecte technique, d’architecte d’information et d’organisateurs métiers. L’architecte d’entreprise possède lui-même une spécialité. On parle d’ailleurs davantage de communauté d’architecture d’entreprise.

François Sizaire, responsable de l’offre Data, consultant et formateur en architecture d’entreprise chez Projexion s’est par exemple converti à l’architecture d’entreprise dans la continuité de son expérience d’architecte en données.

En tant qu’architecte des données, je travaillais beaucoup sur les formats d’échange qui me donnait une vue transverse du SI. L’idée était de compléter mes compétences en architecture data. J’avais atteint un certain niveau dans mon métier et la question qui se posait était : comment aller plus loin ? J’ai toujours préféré être en amont des projets de transformation : faire des schémas directeurs, des roadmaps, planifier les paliers par étape, de manière contextuelle, revoir la trajectoire… A un moment donné, l’architecture d’entreprise est devenue une évidence.

 

Les compétences indispensables pour devenir architecte d’entreprise

Si les parcours diffèrent, certaines compétences sont communes aux architectes d’entreprise.

En termes de connaissances, l’architecte doit avoir une bonne connaissance de l’entreprise, dans son ensemble : ses contraintes économiques et légales, ses concurrents, ses partenaires, sa mission, ses valeurs, ses points différenciants. Mais il doit également s’intéresser aux processus métiers et réaliser une veille constante en informatique.

En termes de hardskills, l’architecte d’entreprise doit savoir modéliser les besoins et les attentes de l’entreprise, les processus PLM, les trajectoires intégrées de transformation, en maîtrisant par exemple le langage Archimate. La modélisation implique de savoir analyser et conceptualiser en prenant du recul pour trouver le bon niveau de granularité.

En termes de softskills, l’architecte d’entreprise est amené à assurer la collaboration entre les acteurs d’un projet de transformation d’une entreprise. Il doit donc posséder des qualités en communication interpersonnelle, à l’écrit comme à l’oral et faire preuve de leadership.

Enfin, l’architecte d’entreprise doit être à l’aise avec une méthodologie ; celle que nous préférons chez Projexion est le TOGAF. La certification est très souvent demandée pour attester des compétences mais aussi pour garantir un langage commun.

Chez Projexion, nous proposons deux types de formations : des modules de sensibilisation et d’introduction à l’architecture d’entreprise qui s’adressent à tous les acteurs de la transformation en entreprise et des modules de préparation au TOGAF pour un public plus averti qui souhaiterait passer la certification.

En tant que formateur, j’ai été amené à former des personnes issues des métiers, pas uniquement des techniciens ou des informaticiens. Tous les acteurs de la transformation de l’entreprise, dès lors qu’ils sont dans la conception, peuvent faire de l’AE. Il est d’ailleurs très probable qu’ils en font déjà sans le savoir !

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