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La méthode TOGAF vue par un consultant qui la pratique

La méthode TOGAF (The Open Group Architecture Framework) est devenue ces dernières années un cadre de référence pour l’architecture d’entreprise. Le cycle ADM (Architecture Development Method) constitue le cœur de cette démarche.Méthode TOGAF : Le Cycle ADM Architecture Development Method) Cycle-ADM.

 

  • A : vision de l’architecture
  • B : architecture business
  • C : architecture des systèmes d’information
  • D : architecture technologique
  • E : opportunités et solutions
  • F : planning de migration
  • G : gestion de l’implémentation
  • H : gestion du changement d’architecture

 

 

De nombreux articles présentent déjà en détails la théorie, le cadre de contenu, de capacité, les couches d’architecture, etc. François Sizaire, consultant en Architecture d’Entreprise et Formateur TOGAF va cette fois nous partager sa vision métier et ses retours d’expérience sur la méthode TOGAF qu’il vit au quotidien !

Comment présenterais-tu la méthode TOGAF en sortant de la description théorique ?

L’objectif premier de la méthode TOGAF est de réussir les transformations, et de les réaliser toujours au regard de la valeur métier. Ainsi on mesure tout : la valeur business à apporter, le niveau d’interopérabilité…

Ce n’est pas la première méthode. On pourrait bien sûr parler du framework de Zachman. Mais de mon point de vue, et pour faire une métaphore, la transformation est en quelque sorte une recette de cuisine qu’on voit pour la première fois dans son intégralité avec TOGAF !

C’est en sachant où on est et où on doit aller qu’on peut s’améliorer et accompagner efficacement la transformation !

TOGAF est un recueil de bonnes pratiques qui apporte un cadre complet pour l’architecture d’entreprise. Ce n’est rien d’autre que ça ! Ce cadre d’architecture regroupe de nombreuses dimensions, toutes au service de la réussite de la transformation de l’entreprise qu’elle soit une grande ou une petite organisation.

En fait, TOGAF peut être utilisée dans tout type de structure, à partir du moment où les personnes qui la composent sont habitées par un but commun. En extrapolant, cette méthode pourrait très bien être appliquée pour accompagner la transformation de sa propre famille !

La méthode TOGAF se base avant tout sur le bon sens et les retours d’expérience afin d’aider les architectes d’entreprise à identifier ce qu’il faut faire ou ne pas faire. Et pour cause, les échecs des projets de transformation d’entreprises ne se comptent plus ! Elle offre ainsi une boîte à outils exhaustive pour la transformation : processus, techniques, concepts, modèles…

Qu’est ce qui a fait selon toi le succès de la méthode TOGAF ?

 

Selon moi, la différence est que TOGAF apporte une professionnalisation des codes du métier et une vision d’ensemble. Nous disposons ainsi d’un fil directeur et les pratiques sont harmonisées. Les architectes TOGAF partagent les mêmes vocabulaires, les mêmes concepts : la collaboration entre services métiers et techniques est beaucoup plus simple.

Quand j’ai commencé à mener des projets d’architecture d’entreprise, il n’y avait pas de méthodes globales pour la mettre en place : nous savions bien sûr qu’il fallait faire des cartographies de flux, des cartographies applicatives… mais chacun les réalisait plus ou moins à sa façon.

Et au-delà, la méthode TOGAF ne cloisonne pas, elle conseille, propose, offre une boîte à outils… sans rien imposer ! Les architectes TOGAF savent très bien que l’architecture d’entreprise doit entièrement s’adapter à l’entreprise dans laquelle elle est pratiquée. C’est à la méthode de s’adapter au terrain de jeu, et non à l’entreprise de rentrer dans un moule !

Avec TOGAF, le chemin n’est pas le même pour chaque entreprise, mais on a une vision intégrale de la direction à suivre !

Pourrais-tu nous donner des exemples de mise en pratique de TOGAF dans différents contextes ?

Avant de mener un projet d’architecture d’entreprise, il s’agit d’être bien conscient du périmètre dans lequel on le réalise et de la maturité de l’organisation. L’architecture doit être utile, et cette utilité ne se mesure que par rapport à ce qu’elle apporte à l’organisation selon ses besoins propres !

J’utilise ainsi très souvent la technique d’analyse des écarts issue de TOGAF. Facilement réutilisable, elle permet de mettre en évidence des écarts entre une situation initiale et cible, de vérifier si on n’a rien oublié dans l’étude. Se transformer c’est agir sur des composants ou capacités : ils vont être soit supprimés, soit ajoutés, soit modifiés… Dans cette technique, on place d’un côté les composants initiaux et de l’autre les composants cibles. Se positionner sur le bon niveau de granularité est alors indispensable !

En établissant une démarche et des bonnes pratiques claires, cette technique peut s’appliquer à de très nombreux cas, pas besoin d’être au sein d’un projet d’architecture d’entreprise complexe !

Ma première illustration porte sur une communauté finance chez un grand retailer. C’était une organisation très mature, avec des postes d’architectes d’entreprise utilisant TOGAF. L’objectif était de mettre en œuvre toute une partie de la vision du SI en termes de composants d’architecture ABB à travers une méthode inspirée de la démarche TOGAF.

Prenons un autre exemple, au sein d’une entreprise spécialisée dans la réparation automobile. Un groupe projet avait été mandaté pour réinventer le SI de demain à partir d’une feuille blanche ! Un projet ambitieux et un vrai défi. Nous sommes intervenus pour les accompagner en apportant la vue en capacité de la méthode TOGAF. C’est-à-dire la réflexion sur l’ensemble des moyens organisationnels, humains, process… nécessaires afin d’atteindre un but business. Cela a complété efficacement leur approche qui était orientée en termes de cartographie fonctionnelle et a permis de faire le lien avec la décomposition de la transformation en termes de composants.

Cependant, l’utilisation de TOGAF ne se limite pas aux missions d’architecture d’entreprise. J’ai aussi eu l’occasion de mettre en pratique des techniques de la « boîte à outils TOGAF » dans des contextes très différents : communication, formalisation…

Une de mes convictions, c’est que tout l’art de l’architecture d’entreprise réside dans le fait d’en faire sans affirmer que l’on en fait !  Ce n’est pas une méthode pour la méthode.

 

Le recul est essentiel et il ne faut jamais perdre de vue que le but de l’architecture c’est de répondre aux enjeux des acteurs concernés : il faut perpétuellement se demander : à qui cela est utile, à quoi cela sert, à qui je m’adresse… et s’adapter en conséquence.

Pourrais-tu nous partager quelques conseils sur la mise en pratique de la méthode TOGAF ?

Je soulignais l’importance d’adapter la méthode au contexte, mais cela est aussi valable dans le temps. L’architecture d’entreprise doit évoluer avec l’organisation. Si celle-ci devient plus mature, l’architecture aussi !

Je suis convaincu que l’architecture d’entreprise, quand elle concerne l’ensemble de la société, ne doit pas être rattachée à un silo de l’organisation. Elle doit se positionner au niveau stratégique. Ce n’est pas un projet uniquement lié au SI même si celui-ci est très souvent concerné.

Une autre de mes convictions est que la transformation ne peut être un succès que si elle accompagne les personnes. Penser à tout ce qui va participer à la réussite de la transformation est essentiel : accompagnement au changement, communication… Toute cela est précisé dans la méthode TOGAF. Rester sur un schéma où l’outil fait l’organisation est une erreur !

L’architecte d’entreprise ne travaille pas seul dans son bureau. Comprendre les préoccupations des acteurs nécessite d’aller à leur rencontre. Et il ne faut pas se limiter aux acteurs internes à l’entreprise : clients, fournisseurs, partenaires… sont très souvent parties prenantes de la transformation !

Et si on ne devait retenir qu’une idée sur la méthode TOGAF ?

Une erreur très courante est de ne pas capitaliser suite à un projet d’architecture d’entreprise. Je suis pourtant persuadé qu’il est essentiel de faire vivre et de réutiliser le plus possible ce qui a été produit. Sinon le risque est tout simplement de recommencer de zéro à chaque nouveau projet ! On se retrouve alors avec des cartographies de flux qui ne sont plus à jour, des documents d’architecture perdus au fond d’un placard…

L’approche « une transformation = un projet » est à éviter à tout prix.

Mettre en place un référentiel d’architecture d’entreprise a pour objectif d’arrêter de faire des études d’architecture qui se limitent au temps d’un projet. TOGAF apporte justement la transparence nécessaire.

Projexion est membre de l’Open Group et nous proposons des formations TOGAF. Nos consultants accompagnent les organisations de tous types dans la mise en œuvre d’une démarche d’architecture d’entreprise. Cela quel que soit votre besoin : référentiel d’architecture, capacité, définition des principes d’architecture, domaines spécifiques (data, change, métier, démarche processus)…

François Sizaire

Consultant en architecture
et management de projets

 

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